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Review of E. HATZAKI, Knossos: the Little Palace (BSA Supplementary Volume 38), London, 2005, in Revue Archéologique 44, 2 (2007), 320-322

Review of E. HATZAKI, Knossos: the Little Palace (BSA Supplementary Volume 38), London, 2005, in Revue Archéologique 44, 2 (2007), 320-322
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  certain – d’avoir été utilisé comme sceau ; et b) des sceaux qui pourraient avoir servi à mar-quer le pain : signe d’une nouvelle organisationsociale (utilisation de fours collectifs) liée à l’ap-parition d’une nouvelle population (les Galates) ?Vient enfin (p. 33-92) le catalogue, où lessceaux sont classés par périodes, avec présenta-tion des sceaux, d’abord, puis des empreintes.Pour chaque pièce, on nous donne les dimen-sions, le matériau utilisé, le contexte archéolo-gique, la référence aux carnets des fouilleurs, etl’on discute des différents aspects de l’objet.L’ouvrage est complété par une riche biblio-graphie (p. 93-107), des planches (p. 109-171)avec dessins illustrant chacun des artéfacts, destables de concordance (directe et inverse) avec lecatalogage des fouilleurs (p. 173-175), un indexgénéral (p. 176-179). Un CD -Rom présente laphotographie de chacun des objets étudiés.L’examen de deux ou trois points suffira àmontrer, s’il en était encore besoin, l’intérêt detels corpus , surtout quand ils sont élaborés parune excellente connaisseuse du domaine. a) Le sceau n o 19, « scaraboid with oval face »,présentantunsphinxavecailedéployéeenformedelyre, a été trouvé sur le sol du « South Cellar ». Or ilappartient à un groupe manufacturé quelque part« in the Eastern Mediterranean, from the Syro-Phoenicio-Cilicio-Levantine area » et assigné à lapériode 740-720 : cela corrobore manifestement lanouvelle chronologie proposée pour le bâtiment(voir Brixhe, Kadmos , 41, 2002, p. 27). b) Comme on l’a vu plus haut, l’A. souligneavec force que les deux siècles de dominationachéménide voient une véritable explosion dusceau à Gordion : par le nombre (n o 33-62),la variété des matériaux utilisés (verre, os,ivoire, lapis-lazuli, agate, calcédoine...), la variétéde l’imagerie (souvent achéménide ou proche-orientale), la diversité des origines (Gordion,mais aussi tous les points de l’empire et mêmeau-delà). L’un des sceaux de cette section a attirémon attention, le n o 33 (p. 51-54) : il s’agit d’uncylindre en agate, avec imagerie totalement aché-ménide et inscription araméenne, assignable,d’après le contexte de découverte, à la fin du V e s.ou au début du IV e . Or il fait immanqua-blement penser à un sceau-cylindre d’origineinconnue, conservé au Museum of Science deBuffalo : même matériau, imagerie de même ins-piration, mais légende paléo-phrygienne (en der-nier lieu Brixhe, Kadmos , 43, 2004, p. 126-127,n o Dd-103). Témoignage de l’acculturation persedes élites phrygiennes, ce sceau viendrait-il deGordion ? La date avancée par les différents édi-teurs ( VI e - V e s.) est-elle la bonne ? – Devrions-nous attribuer à Gordion également le Dd-101(collection privée) de Brixhe et Lejeune, Corpusdes inscriptions paléo-phrygiennes , Paris, 1984 : faitde calcédoine, mais de forme sans répondantdans le corpus de Dusinberre, il est décoré par unlion dont la gueule évoque étrangement sesn os 40, 45, 48 et 50. c) Les sceaux sont peu bavards : ceux qui sontinscrits sont, en effet, rares ; mais, quand ils par-lent, ils apportent parfois une précieuse informa-tion. Si le n o 5, illisible, ne nous intéresse que parl’écriture utilisée (les hiéroglyphes hittites), sur len o 14 on lit clairement (même écriture) un belanthroponymehittite, Arma-ziti  : signed’unepré-sence hittite sur les lieux ? Cf. ci-dessus. – L’ins-cription araméenne évoquée plus haut nous rap-pelle que l’araméen était langue d’empire. – Et len o 108 ( IV e s. apr. J.-C.) pourrait, avec son inscrip-tion hébraïque (un nom de personne ?), orienterversl’existence,àGordion,d’unepopulationjuiveà la fin dela vie du site.–Pourlesparlersqui vien-nent d’être mentionnés, l’A. a sollicité l’avis despécialistes. Lorsque la légende est grecque, elletente d’apporter son écot à une discussion parfoisamorcée ailleurs, sans paraître très à l’aise aveccette langue. Heureusement pour elle, les lé-gendes grecques sont rares et ses défaillances(mineures) dans ce secteur n’affectent pas la qua-lité ni l’utilité de l’ouvrage.Claude Brixhe, 3, rue des Acacias,57000 Metz . Hatzaki Eleni, Knossos , The Little Palace (  ABSA , Suppl. 38), Londres, TheBritish School at Athens, 2005, 1 vol. 24 × 31, XI + 221 p., 22 pl.,4 dépliants.Peut-être davantage que n’importe quel autresite minoen de Crète, Knossos – la prétendue,sinon réelle, capitale de l’île – a souffert d’unmanquedepublicationsdétailléesetdéfinitivesde 320 Comptes rendus bibliographiques   ses fouilles principales menées au début du XX e s.parArthurEvans,unhommeaujourd’huipresqueaussi légendaire que le palais qu’il y fouilla. Unenouvelle génération d’archéologues qui fouillent àKnossos a tenté de remédier à cette lacune. Parmiles publications les plus récentes, on trouve destravaux qui se concentrent sur le sanctuaire cen-tral du palais (Panagiotaki, 1999), la maison Sud(Mountjoy, 2003), les maisons Sud-Ouest (Mac-donald, 1993 ; Coldstream et Macdonald, 1997),la poterie (MacGillivray, 1998 ; Coldstream,Eiring et Forster, 2001) et, dernièrement, le PetitPalais(Hatzaki,2005). EleniHatzaki,dontlepré-sent volume reflète la thèse de doctorat réaliséesous la supervision de Mervyn Popham, est l’unede ces chercheurs qui s’attachent à publier cethéritage. Tout récemment, elle s’est par ailleursconsacrée au réexamen et à l’étude de la TempleTomb de Knossos.Situé à 250 m au Nord-Ouest du Palais, lePetit Palais doit son nom à l’intuition premièrede son fouilleur qui, tout en le dégageant, a long-temps pensé qu’il mettait au jour un autre palaisà Knossos. La mise au jour de la Maison inex-plorée, édifice adjacent au Petit Palais, a soulevéle problème de la relation, voire de la dépendanceréciproque de ces deux bâtiments. Les niveauxminoens de la Maison inexplorée ont été indé-pendamment publiés par Popham en 1984.Quant au Petit Palais, avant la réalisation de sonétude complète que propose le présent volume,l’attention qui lui avait été accordée concernaitessentiellement la datation et le caractère del’incendie destructeur qui a préservé un groupede tablettes en Linéaire B et d’objets scelléstombés de l’étage. Cette problématique a été uti-lisée dans le débat controversé qui s’efforce desituer chronologiquement et historiquement lapériode majeure de l’activité administrative enLinéaire B de Knossos et, par suite, l’effon-drement final de ce centre puissant et séculaire.Initialement, Evans avait attribué ces dépôts dedestruction à sa période de réoccupation (1300-1200 av. J. . C.), ce qui constitua un argumenttentant et une base de travail pour qui défend ladatation tardive du MR IIIB pour la chute deKnossos. E. Hatzaki souligne la fragilité de cer-tains raisonnements développés à partir de cepremier constat du fouilleur (p. 191-192). Po-pham a étudié une grande partie de la poterie duPetit Palais qui a été conservée (p. 102, n. 15 ;p. 105, n. 45). Il a distingué deux événementsdans l’histoire de l’édifice qui peuvent être reliésà la destruction par incendie, l’un au MR IIIA,l’autre au MR IIIB. L’examen approfondi parE. Hatzaki de l’assemblage architectural, céra-mique et autre du Petit Palais affine le débat.Organisé en six chapitres, l’essentiel de l’infor-mation archéologique dont on peut encore dispo-ser aujourd’hui est donné. Le chap. 1 est uncompte rendu détaillé de la fouille du PetitPalais, qui se fonde sur un examen minutieux desrapports de fouille de l’époque et qui inclut unesérie de photographies et de dessins originaux,publiés pour la première fois. Le chap. 2 sondeles idées d’Evans et de son assistant DuncanMackenzie sur le Petit Palais. Une descriptionarchitecturale rigoureuse des différents secteursde l’édifice est donnée dans le chap. 3 ; celle-cicomprend notamment quelques données éclai-rantes qui permettent de restituer la structure ori-ginelle du bâtiment. Plusieurs observations perti-nentes des ruines actuelles sont apportées, quibénéficient grandement de l’autopsie directe etrépétée du bâtiment par l’A. De bonnes éléva-tions et sections sont fournies. Une synthèse desphases architecturales successives de l’édifice clôtcette analyse de l’architecture du Petit Palais(p. 73-78). Ce chapitre inclut finalement une dis-cussion approfondie de la campagne de restaura-tion et de fouilles de 1995, entreprise par leséphories et menée sous la supervision de l’A., etdont les enseignements seront pris en comptepour affiner la reconstitution ultime de l’histoiredu Petit Palais. Le chap. 4 (p. 99-175) constituele cœur du volume et s’attaque à l’analyse stylis-tique des phases céramiques. E. Hatzaki exposeles problèmes méthodologiques et les limites deson étude de la poterie du Petit Palais, qui fontessentiellement écho à certains comportementsdommageables des fouilleurs de l’époque. Lesproblèmes les plus sérieux concernent leur pro-cessus de sélection drastique de la céramique,l’absence d’un carnet qui rendrait compte desobservations de la poterie par Mackenzie aumoment de la fouille, le reconditionnement dumatériel archéologique conservé, le lieu d’srcinenébuleux – voire inconnu – de certaines destrente-quatre boîtes de céramique et petits objets,le mélange srcinel de lots différents de poteries,qui efface leur séquence stratigraphique. L’A.fournit une présentation concise des dépôtspotentiels pour chaque phase céramique(MR IIIA1/2, MR IIIA2, MR IIIB), suivie d’uneanalyse stylistique respective. Cette étude céra-mologique est bien illustrée et accompagnée decomparaisons appropriées, variées et relativementbien à jour. Une première reconstruction de lastratigraphie et de l’histoire de l’édifice est pro-posée à la suite, qui mentionne des liens aveccelles de la Maison inexplorée et d’autres édificesknossiens. Un catalogue raisonné de 339 poteriessélectionnées clôt ce chapitre sur la céramique.Le chap. 5 discute des petits objets, particulière- Comptes rendus bibliographiques  321  ment des tablettes et des objets scellés et de leursrelations avec des objets similaires trouvés à l’in-térieur du Palais. Un chapitre final (p. 191-204)propose la reconstruction argumentée, par l’A.,des différentes étapes de l’histoire de l’édifice, surla base des résultats obtenus au terme de l’étudede l’architecture et du mobilier archéologique duPetit Palais. La séquence suivante est avancée.Une construction MM II/III de bonne facture aété identifiée ; elle semble avoir été sévèrementendommagée par un tremblement de terre à la finde cette période. Au début de l’époque néo-palatiale, une reconstruction complète s’y super-pose, qui incorpore quelques-unes des structuresantérieures, dont une belle chaussée dallée et unmur d’orthostates – les seuls réels orthostates duPetit Palais, bien que le terme soit réutilisé erro-nément à plusieurs reprises dans le volume. Lesfondations de la Maison inexplorée sont établiessur une courte période après l’édification du PetitPalais. Les deux édifices connaissent une des-truction au cours du MR IA ; un lien avec untremblement de terre qui précède l’éruption duvolcan de Santorin est suggéré. Alors que la Mai-son inexplorée est laissée à l’état de ruine jusqu’àsa réoccupation au MR II, le Petit Palais auraitreçu quelques réparations assez immédiatement.Les deux édifices n’ont cependant préservéaucun dépôt MR IB et le Petit Palais n’a mêmefourni aucun dépôt MR II. La reconstruction del’A. soutient toutefois une occupation continuede l’édifice, mais jalonnée par un déblaiementtotal au lendemain d’une possible destructionMR IB et après une autre probable destruction,contemporaine de l’événement destructeur quieut lieu dans la Maison inexplorée et qui est res-ponsable de ses dépôts MR II substantiels. Ilnous semble sage de ne pas exclure l’hypothèsesuivante : le Petit Palais fut laissé à l’état de ruinependant une période prolongée, avant d’êtreréoccupé, largement, au MR IIIA1. Au cours decette dernière phase, les réparations furent consi-dérables. La façade Ouest est presque entière-ment reconstruite et une série d’ouvertures sontbloquées, ce qui modifie considérablement leplan et les circulations du bâtiment. En ce quiconcerne le débat scientifique ardu évoqué plushaut, Hatzaki apporte sa propre pierre à l’édifice.En tenant compte, d’une part, d’une distinctionsignificative entre la nature des dépôts de poterieMR IIIA et MR IIIB (p. 196) et son propreréexamen des carnets de fouilles de Mackenzie,et en s’appuyant, d’autre part, sur sa propre resti-tution de la stratigraphie du Petit Palais, l’A.détaille pourquoi l’incendie crucial qui détruisitl’édifice est davantage lié à la poterie MR IIIA1/2et MR IIIA2. Cet incendie dévastateur – trèsprobablement provoqué par un agent humain – mit donc un terme à l’activité administrative duPetit Palais. Une reconstruction et une réoccupa-tion substantielle, quoique partielle, du PetitPalais ont lieu au MR IIIA2, voire seulement àpartir du MR IIIB, une phase dont témoigne unequantité non négligeable de poteries de styleMR IIIB. Au MR IIIB avancé, l’édifice futdéfinitivement abandonné par la populationminoenne.Il est peut-être assez étonnant qu’aucune ten-tative d’interprétation ne soit avancée quant à lanature et à la fonction du bâtiment, ou à sarelation avec son prétendu grand frère, plus àl’Est, auquel le Petit Palais devait sans aucundoute être lié par la Voie royale – dont lachaussée pavée (Early Causeway) , identifiée auSud de l’entrée méridionale du bâtiment, dansla cour Sud-Est, pouvait être à l’srcine un pro-longement, plutôt que la route pavée qui passe àl’Est de l’édifice (Paved Roadway) . Dans uneprécédente publication (1996), Hatzaki avaitsuggéré que le Petit Palais comprenait effecti-vement toutes les fonctions reconnues dansle Palais, à l’exception d’une cour centrale, etl’A. approuvait par conséquent l’appellationd’Evans, sans expliciter cependant cette thèse.Enfin, Hatzaki a insisté sur la nécessité d’autantplus urgente d’une étude exhaustive du PetitPalais, après la publication de la Maison inex-plorée par Popham – puisque ces deux édificessemblent avoir autrefois appartenu à un mêmecomplexe. On aurait, dès lors, plus qu’appréciéde trouver ici la lecture personnelle de l’A. surleur fonctionnement en tandem, particulière-ment au cours des phases MR II-IIIA1/IIIA2, lapériode palatiale finale, critique dans l’histoirede la Crète minoenne et encore difficilementdéfinie.Charlotte Langohr,  FNRS  / Université catholique de Louvain,Département d’Archéologie et d’Histoire de l’Art,Collège Érasme,1, place Blaise-Pascal,B-1348 Louvain-la-Neuve . 322 Comptes rendus bibliographiques 
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